Berrada-Berca : Kant et la petite robe rouge

Verlag:
ISBN: 9782371270411
Erschienen: 
24.03.2016
Seiten: 
148
Gewicht: 118 g
Abmessungen: 15 cm × 1 cm × 1.1 cm
Preis:
9,00€

La naissance du désir et la découverte du savoir incitent une jeune épouse, entravée sous un vêtement noir, à s’ouvrir au monde. La rencontre cruciale avec une robe rouge et l’injonction : « Ose savoir », formulée dans un livre du philosophe Emmanuel Kant, entraînent la jeune femme dans une révolution intérieure qui va changer le cours de sa vie. Souffle le vent de la liberté individuelle.

En écho à la réédition de ce récit lapidaire et poétique, Lamia Berrada-Berca offre un corpus de textes – principalement issus des Lumières – pour prolonger la réflexion sur la liberté de chacun. Envisager l’autre comme un être singulier et libre.

Deuxième version augmentée d’un florilège d’extraits de textes littéraures et fondateurs autour de la période des Lumières sur des thèmes contemporains d’une brûlante actualité :
Sur l’émancipation des femmes
- Molière : Les Femmes savantes (Acte II, Scène 7) Voltaire : Femmes, soyez soumise à vos maris,
- Pierre-Ambroise Choderlos de Laclos : Traité sur l’éducation des femmes
- Emmanuel Kant : Qu’est-ce que les Lumières ?
- Olympes de Gouges : Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne
- Georges Sand : Indiana (III, 21)
- Guy de Maupassant : Bel-Ami (I,8)

Sur le combat contre les superstitions et le fanatisme religieux et pour la tolérance
- de Montesquieu : Lettres persanes (Lettre XLVI / lettre LXXXVI)
La Mothe Le Vayer (pseudonyme de Voltaire) : Idées
Voltaire : « Fanatisme », Dictionnaire philosophique / “Prière à Dieu”, Traité sur la Tolérance, ch. 23 / « Le Bûcher », Zadig ou la destinée (ch. 11) / « Comment on fit un bel autodafé pour empêcher les tremblements de terre, et comment Candide fut fessé », Candide (ch. 6). Un recul crucial et une prise de conscience sur les comportements extrémistes de notre monde contemporain.

Prescription recommandée en scolaire (collège et lycée).

MORCEAU CHOISI DE KANT ET LA PETITE ROBE ROUGE «Elle est passée devant d’abord sans la voir. Sans vouloir voir en fait. A cause du voile, sans doute, qui la rend différente. Puis le lendemain elle est repassée devant et là, il s’est produit un changement étonnant. Elle a senti qu’elle en avait le désir. Le désir c’est une chose oubliée en elle sur laquelle se sont accumulés des jours, des mois, des années de mutisme parfait. Un désir dérisoire, elle s’en rend bien compte, coupable d’exister puisqu’il n’est enraciné en rien de louable. En même temps, comment distinguer ce qui est louable de ce qui ne l’est pas ? A trente-trois ans elle a envie, oui, pour la première fois elle saurait, elle pourrait l’exprimer à peu près ainsi : elle a envie de cette robe rouge. Ce n’est pas un désir. Ce n’est pas juste pour la robe. Mais le fait qu’elle soit rouge, cela en soi suffit. Elle pense alors qu’elle est devenue folle, et court se mettre chez elle à l’abri.»